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  • Les scientifiques ont retrouvé l’homme préhistorique à l’origine de l’herpès

    Vendredi, 11 janvier 2019 03:19:44 De: Vice French RSS feed for https://www.vice.com

    Est-ce que les humains ont un plus grand ennemi que l’herpès ? Bien sûr que oui. L’herpès n’est pas si terrible. Enfin, une fois que vous êtes sorti de l’école secondaire, et quand le potentiel comique des feux sauvages pour faire peur aux enfants commence à diminuer, il n’occupe plus vraiment une grande place dans la vie.

    Sauf si vous faites partie des chercheurs de Cambridge ou d’Oxford Brookes ayant consacré temps, argent et leurs cerveaux géants pour retrouver un homme : le patient zéro de l’herpès. Comment est-ce que je sais que c’est un homme ? Je ne le sais pas, mais c’est sûrement un homme.

    Par ailleurs, vous devinez sans doute que j’ai commencé mes recherches sur cet article en me disant : « À-t-on vraiment besoin d’un texte sur l’herpès !? » Je me rétracte. Car, après avoir lu l’étude, je peux confirmer que c’est la chose la plus intéressante dans le monde en ce moment.

    Un graphique de l’auteure de l’article

    Avant de plonger dans le cœur du sujet, revoyons un peu l’histoire de l’herpès. À un moment donné, il y a entre 3 et 1,4 million d’années, l’herpès virus simplex de type 2 (HSV2) est passé des chimpanzés à des ancêtres d’Homo sapiens. (Le HSV2 est le type d’herpès qui cause les lésions génitales – si la question vous est posée dans un jeu-questionnaire, vous saurez.)

    Jusqu’à maintenant, on ne savait pas comme cette transition s’était produite, ou, plus précisément, qui a servi de pont entre les deux espèces. Détrompez-vous : personne ne s’est tapé un singe.

    Les chercheurs font porter le chapeau au charmant Paranthropus boisei, ironiquement surnommé « casse-noisette ». Étonnamment, on ne l’a pas surnommé ainsi en raison des quelques millions d’années de souffrances génitales qu’il a infligées à ces descendants. C’était plutôt en raison de ses molaires et des puissants muscles de ses mâchoires lui permettant de casser des noix.

    L’hypothèse, c’est qu’il aurait contracté le HSV2 en Tanzanie « en se nourrissant de viande d’un ancêtre du chimpanzé, à la jonction entre la savane et la forêt ». Donc, c’est en mangeant de la viande de singe. Reste à savoir comment il l’a passé à Homo erectus.

    Paranthropus boisei et Homo erectus vivaient à proximité l’un de l’autre, habituellement près de grande source d’eau, de sorte qu’il était inévitable que le HSV2 soit transmis tôt ou tard. Non, toujours pas par zoophilie, mais parce qu’Homo erectus, présume-t-on, a mangé le pauvre Paranthropus boisei, contractant ainsi la maladie. C’est le karma.

    La Dre Charlotte Houldcroft, qui a mené les recherches, a décrit ce moment déterminant dans l’histoire de l’humanité ainsi : « Pour que ces virus franchissent les barrières entre les espèces, ils ont besoin d’une mutation génétique combinée à un échange considérable de fluide. Dans le cas des premiers hominidés, ce peut être par la consommation ou les rapports sexuels, ou encore les deux. »

    Voilà. Vos démangeaisons sont la lointaine faute d’une chaîne alimentaire primitive semblable à ce que l’on voit dans Human Centipede. La morale de l’histoire ? Mettez une capote.

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